- Charlotte Graux
- 30 décembre 2025
Sommaire
Travailler en tant que freelance à l’étranger est un projet de vie qui séduit de plus en plus de Français en quête de liberté et de découverte. Toutefois, exercer son activité hors de France ne s’improvise pas.
Selon votre pays de destination et votre situation personnelle, les règles applicables en matière d’immigration, de fiscalité et de protection sociale varient fortement.
Pour vous aider à préparer votre expatriation, poursuivez votre lecture. Ce guide vous présente les formalités essentielles pour devenir freelance à l’étranger dans les meilleures conditions.
Quel visa pour travailler à l’étranger en freelance ?
En tant que ressortissant de l’Union européenne, vous pouvez vivre et travailler dans tous les États membres sans visa spécifique. En revanche, vous devez obtenir un permis de travail spécifique si vous souhaitez travailler en tant que freelance dans un pays hors de l’UE.
Les types de visas disponibles et les conditions d’éligibilité varient fortement d’un pays à l’autre. Il est donc impératif de vous renseigner auprès des autorités compétentes, telles que le ministère des Affaires étrangères et l’ambassade du pays de destination dans votre pays de résidence.
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Le visa pour travailleurs indépendants
Dans la plupart des pays hors UE, il est obligatoire d’obtenir un visa pour travailleur indépendant pour exercer en tant que freelance. Généralement appelé “Visa entrepreneur” ou “Visa Business”, celui-ci implique de créer une entreprise locale et de respecter l’ensemble des règles en matière de fiscalité et de protection sociale.
Le visa pour digital nomad
Au cours des dernières années, les visas pour les travailleurs à distance sont devenus beaucoup plus courants. Il s’agit d’un permis qui permet de séjourner et de travailler à distance dans un pays donné pour une durée déterminée, généralement comprise entre six mois et un an.
Ce visa ne constitue pas un permis de travail classique, car il ne permet pas d’être employé par une entreprise locale. Seules les personnes employées par une entreprise étrangère et les indépendants qui facturent des clients étrangers peuvent obtenir ce visa.
Si les conditions d’éligibilité varient d’un pays à l’autre, il est généralement demandé au travailleur de :
- Démontrer la viabilité économique de son projet s’il exerce en tant que freelance
- Fournir un contrat de travail s’il est salarié d’une entreprise étrangère
- Bénéficier d’un revenu mensuel minimum
- Souscrire une assurance santé internationale pour toute la durée de l’expatriation.
Parmi les pays qui proposent déjà un visa pour les freelances à l’étranger, nous pouvons citer Dubaï, la Thaïlande, le Costa Rica, l’Argentine, l’Indonésie et le Brésil.
Fiscalité d’un freelance à l’étranger : où payer ses impôts ?
La fiscalité constitue probablement l’aspect le plus complexe du statut de freelance à l’étranger. De nombreux professionnels se demandent quelles sont les règles qui s’appliquent en matière d’impôt lors d’une expatriation.
La réponse à cette question dépend de la résidence fiscale du freelance.
Résident fiscal de France
Un freelance qui possède son domicile fiscal en France doit déclarer et payer ses impôts sur le revenu en France, y compris sur ses revenus de source étrangère.
Toute personne est considérée comme domiciliée fiscalement en France lorsqu’elle remplit l’un des trois critères suivants :
- Elle possède son foyer ou son lieu de séjour principal en France : le conjoint marié, pacsé ou concubin ainsi que les enfants à charge vivent toujours en France ou la personne réside plus de 183 jours par an en France
- Elle exerce son activité principale en France : l’activité professionnelle principale, salariée ou non, est déterminée selon le temps de travail plutôt que les revenus générés
- Elle possède le centre de ses intérêts économiques en France : si ses revenus de source française sont supérieurs à ses revenus de source étrangère, le centre de ses intérêts économiques est en France.
Non-résident fiscal de France
Si le freelance est non-résident fiscal de France, il est soumis à une obligation fiscale limitée à ses revenus de source française, imposables en France sous réserve des conventions fiscales internationales en vigueur. Les revenus de source étrangère sont, quant à eux, imposés conformément aux règles fiscales du pays d’accueil.
Une convention fiscale internationale est un accord signé entre deux pays afin de fixer la priorité d’imposition entre eux. Celle-ci définit des critères d’imposition qui priment sur ceux des législations internes des États dans le but de prévenir la double imposition des revenus.
Les revenus de source française sont notamment :
- Les revenus fonciers
- Les revenus d’activités professionnelles, salariées ou non, exercées en France
- Les plus-values
- Les retraites lorsque la caisse de retraite est établie en France.
L’absence de convention entre les deux pays concernés entraîne un risque de double imposition. Le travailleur freelance doit en effet respecter les règles fiscales de chaque pays, y compris en matière de déclaration et de paiement. Le fisc français peut toutefois accorder certaines exonérations sous conditions.
Astuce : pour vous aider, consultez les fiches pratiques sur les principaux revenus de source française à déclarer selon votre lieu de résidence.
Assurance santé du freelance à l’étranger : comment bien se couvrir ?
La protection sociale est un autre aspect essentiel à prendre en considération pour profiter véritablement des nombreux avantages d’une expatriation. Dès que vous êtes expatrié à l’étranger, vous cessez de dépendre de la sécurité sociale française et relevez obligatoirement du régime de protection sociale de votre pays d’accueil.
Quelles sont les démarches à réaliser avant votre départ ?
Avant de quitter la France, vous êtes tenu d’informer votre changement de résidence à votre caisse d’assurance maladie, France Travail et tout organisme qui vous sert des prestations. Vous devez également restituer votre carte Vitale ainsi que celles de vos enfants à votre caisse d’assurance maladie.
Prenez également le temps de bien vous renseigner concernant le système de protection sociale de votre pays d’accueil. Tandis que l’affiliation au système public d’assurance maladie est obligatoire dans certains pays, celle-ci est facultative ou exclusivement réservée aux locaux dans d’autres. Il est également important de connaître le degré de couverture offert par l’assurance maladie locale et la qualité des soins proposés dans le public.
Bon à savoir : certains pays ont signé une convention de sécurité sociale avec la France, ce qui peut faciliter votre passage du régime français au régime local. Consultez la page « Vous partez travailler à l’étranger » sur le site du Cleiss pour vérifier l’existence d’une telle convention et les dispositifs proposés.
Quand et pourquoi souscrire une assurance santé internationale ?
La souscription d’une assurance santé internationale est vivement recommandée pour un freelance à l’étranger, voire indispensable pour certaines destinations. En effet, les hôpitaux publics de certains pays souffrent de nombreuses lacunes, telles qu’un manque de personnel et d’équipement. Si les soins sont de bien meilleure qualité dans le privé, ceux-ci sont particulièrement coûteux et ne sont pas couverts par l’assurance publique.
Vous disposez de deux solutions pour vous couvrir correctement en tant que freelance à l’étranger : l’adhésion à la Caisse des Français de l’Etranger (CFE) ou la souscription d’une assurance au 1er euro.
Découvrez dans le tableau ci-dessous les principaux avantages et inconvénients de ces deux assurances santé internationales :
| Avantages | Inconvénients | |
| Assurance au 1er euro | + Remboursement des frais réels engagés et dès le premier euro dépensé + Tarifs de soins négociés + Gestion rapide et simplifiée des dossiers par un seul et unique interlocuteur + Souplesse et adaptabilité de la couverture selon les besoins spécifiques de chacun + Nombreux services complémentaires disponibles (rapatriement, soins dentaires et optiques, assistance juridique, etc.) | – Perte des droits à la Sécurité sociale française – Obligation de remplir un questionnaire médical avant la souscription (risque de refus ou de surprime) |
| CFE | + Adhésion accessible à tous, sans questionnaire médical + Aucune possibilité d’exclusion + Réaffiliation automatique à la Sécurité sociale lors du retour en France après expatriation + Possibilité de cotiser pour sa retraite pendant son expatriation | – Remboursements limités aux plafonds de la Sécurité sociale française – Nécessité d’avancer les frais – Offre peu personnalisable |
- Charlotte Graux
- 30 décembre 2025
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