- Charlotte Graux
- 30 décembre 2025
Sommaire
Exercer son activité professionnelle depuis l’étranger est un rêve pour de nombreux auto-entrepreneurs français en quête de nouveaux horizons. S’il est possible de quitter la France tout en y conservant sa micro-entreprise, il est essentiel de bien préparer son expatriation pour se lancer dans les meilleures conditions.
Découvrez dans ce guide les règles à respecter en matière de visa, de fiscalité et de protection sociale pour continuer à exercer votre activité d’auto-entrepreneur à l’étranger.
Un auto-entrepreneur peut-il travailler à l’étranger ?
Oui, il est tout à fait possible de travailler à l’étranger en tant qu’auto-entrepreneur. Pour poursuivre légalement vos activités, vous devez toutefois conserver une adresse de domiciliation en France et continuer à remplir les conditions propres au statut de micro-entrepreneur.
Sachez que l’adresse de domiciliation de votre entreprise ne doit pas obligatoirement être celle de votre résidence en France. En effet, vous pouvez domicilier votre entreprise à l’adresse d’un membre de votre famille ou d’un ami. Une seconde option, pratique et peu coûteuse, consiste à faire appel à une société de domiciliation d’entreprise.
Bon à savoir : tout changement d’adresse doit être déclaré sur le site internet du guichet des formalités des entreprises.
Fini la galère avec votre assurance santé à l’étranger!
- Notre expert vous aide à choisir la meilleure assurance santé internationale
- Rejoignez les 5000 familles d’expatriés français qui nous font confiance
Faut-il un visa pour travailler à l’étranger en tant qu’auto-entrepreneur ?
Expatriation dans l’espace Schengen
En cas d’expatriation dans un pays membre de l’espace Schengen, vous n’avez besoin d’aucune autorisation particulière pour y vivre et y travailler en tant qu’auto-entrepreneur français. La libre circulation des travailleurs est un principe fondamental du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.
Bon à savoir : l’espace Schengen est un espace de libre circulation qui regroupe les États membres de l’Union européenne et quatre États non-membres (Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein).
Expatriation hors de l’espace Schengen
Dans le cas où vous souhaitez vous expatrier dans un pays non-membre de l’espace Schengen, les choses se compliquent. Chaque pays possède ses propres règles en matière de permis de travail, que vous soyez indépendant ou salarié.
Dans la plupart des pays du monde, il est obligatoire d’obtenir un visa spécifique pour pouvoir exercer vos activités en tant qu’auto-entrepreneur français. Le plus simple consiste à vous renseigner directement auprès de l’ambassade de votre futur pays d’accueil en France ou du ministère des Affaires étrangères.
Bon à savoir : certains pays, tels que Dubaï, le Japon, le Brésil ou encore la Thaïlande, proposent des visas spécifiquement conçus pour les travailleurs à distance (auto-entrepreneur, digital nomad, salarié en télétravail, etc.).
Fiscalité d’un auto-entrepreneur vivant à l’étranger : où et comment payer ses impôts ?
Un autre point essentiel à considérer si vous souhaitez vous expatrier en tant qu’auto-entrepreneur concerne vos obligations fiscales en France et dans votre pays de résidence.
La fiscalité de l’auto-entrepreneur en France
Si votre auto-entreprise est domiciliée en France, vous restez résident fiscal français, même si vous séjournez plus de 183 jours à l’étranger. En effet, le centre de vos intérêts économiques se situe en France.
Vous avez donc l’obligation de continuer à déclarer l’ensemble de vos revenus au fisc français, que ceux-ci soient de source française ou étrangère. Par ailleurs, vous restez redevable des taxes et charges des auto-entrepreneurs français, telles que la cotisation foncière des entreprises.
La fiscalité de l’auto-entrepreneur dans son pays de résidence
Vos obligations fiscales à l’étranger dépendent de votre pays d’expatriation. Si une convention fiscale a été signée entre la France et ce pays, vous éviterez la double imposition.
Si aucune convention fiscale n’a été conclue, vous risquez d’être soumis à une double imposition sur les revenus de votre auto-entreprise. Pour prévenir ce type de situation, prenez le temps de vous renseigner auprès des autorités fiscales françaises et de votre futur pays de résidence.
Quelle protection sociale pour un auto-entrepreneur français résidant à l’étranger ?
En ce qui concerne votre protection sociale en tant qu’auto-entrepreneur à l’étranger, celle-ci dépend de votre destination. Vous pouvez soit rester affilié au régime français via l’auto-détachement, soit vous affilier au système de protection sociale de votre pays d’accueil.
L’auto-détachement
L’auto-détachement vous permet d’exercer une activité non salariée dans n’importe quel pays de l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse, tout en restant affilié au régime de la sécurité sociale française. Autrement dit, vous continuez à verser vos cotisations sociales comme si vous exerciez votre activité sur le territoire français.
Pour maintenir votre affiliation de plein droit et faciliter votre retour en France après votre expatriation, vous devez toutefois remplir les conditions suivantes :
- Vous partez vivre à l’étranger pour une période de maximum 24 mois
- Votre auto-entreprise existe depuis au moins deux ans avant votre départ à l’étranger
- L’adresse de domiciliation de votre entreprise reste française
- Vous exercez la même activité qu’en France.
Si les conditions sont remplies, le service Mobilité internationale de l’URSSAF vous délivrera le document portable A1. Ce dernier atteste de votre affiliation au régime français et vous exonère du versement des cotisations au régime de votre pays d’accueil.
Bon à savoir : plusieurs États et territoires (voir liste) ont conclu un accord de sécurité sociale avec la France permettant aux travailleurs indépendants de réaliser un détachement exceptionnel et de continuer à être affiliés au régime français.
L’affiliation au régime local de votre pays d’accueil
Si vous ne remplissez pas les conditions de l’auto-détachement, vous devez vous affilier au régime de protection sociale de votre pays d’accueil. Dans ce cas, il est impératif de vous renseigner concernant les prestations sociales proposées, y compris en matière de santé.
Si l’assurance maladie française garantit une prise en charge médicale de qualité et à moindre coût, c’est loin d’être le cas dans toutes les régions du monde. Dans certains pays d’Asie, d’Afrique ou encore d’Amérique du Sud, le système de santé public peut souffrir de nombreuses lacunes : manque de personnel, hôpitaux vétustes, délais d’attente particulièrement longs…
L’importance d’une assurance santé internationale pour un auto-entrepreneur à l’étranger
Afin de recevoir des soins de meilleure qualité, la majorité des expatriés privilégient les établissements privés de leur pays de destination. Cette solution pose néanmoins deux problèmes majeurs : l’absence de prise en charge des frais par l’assurance maladie publique et les tarifs souvent très élevés.
La souscription d’une assurance santé internationale se révèle dès lors indispensable pour tout auto-entrepreneur français souhaitant profiter véritablement des nombreux avantages de l’expatriation. Notez également que la souscription d’une telle assurance est obligatoire pour obtenir un visa dans certains pays.
Vous disposez de deux solutions pour vous couvrir correctement en tant qu’auto-entrepreneur à l’étranger : l’adhésion à la Caisse des Français de l’Etranger (CFE) ou la souscription d’une assurance au 1er euro.
- Charlotte Graux
- 30 décembre 2025
Voir les témoignages
Cacher les témoignages